• Sa chaîne est ICI.

    Voici l'une de ses premières publications :


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  • Renoncement de Laurent Wauquiez à l'élection présidentielle 2022 d'abord (lire le texte)
    Scandale sur l'interdiction d'antenne de Eric Zemmour sur Cnews ensuite (écouter sa déclaration sur Youtube)

    Wauquiez renonce à se présenter en 2022 : "Pour moi, le moment n'est pas venu"

    La candidature de la droite à l'élection présidentielle de 2022 était bien partie pour se jouer entre trois présidents de région : Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez. Mais ce dernier vient de jeter l'éponge et de l'annoncer dans un "thread" (suite de tweets) sur son compte Twitter et Facebook. Il ne veut pas "ajouter de la division à la division", alors que les candidatures se multiplient. Avec, comme dernier candidat en lice à date, Eric Ciotti mais aussi l'ancien négociateur du Brexit, Michel Barnier, qui s'est déclaré ce jeudi soir.
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    (Crédits : Stephane Mahe) 

    On pensait que l'équation à droite, pour la présidentielle se jouerait à trois: entre Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez. Les trois présidents de régions réélus en juin. Mais finalement, alors que chacun s'attendait à ce qu'il se lance ce dimanche, lors de sa traditionnelle ascension du Mézenc, vient de jeter l'éponge. Sur son compte Twitter, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, présente son renoncement en ces termes :

    "Être candidat à l'élection présidentielle, c'est une décision que l'on prend non parce que l'on en a simplement envie, mais parce que c'est un moment où on se sent en situation de rassembler son camp et de réunir les Français. Je considère que pour moi ce moment n'est pas venu."

    Il ajoute:

    Ce choix, je le fais aussi parce que je ne veux pas ajouter de la division à la division. Les candidatures à la présidentielle à droite se multiplient de façon inquiétante, et certains candidats expliquent même qu'ils se présenteront sans accepter de règle commune.

    et conclut:

    La liberté que je prends aujourd'hui, je la mettrai au service de ce que je crois utile pour mon pays : d'abord, œuvrer pour l'unité d'une candidature à droite ; ensuite, veiller à ce que la droite assume clairement et fortement ses convictions.

     


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  • deux extraits de "Valeurs Actuelles" :

    La gauche contre C8 pour un film sur l’avortement

     

    La chaîne C8 ne fait définitivement pas l’unanimité à gauche. Après Jean-Michel Aphatie qui s’indigne qu’une chaîne privée diffuse la messe du 15 août, date de la consécration de la France à la Vierge, c’est au tour de la gauche bien-pensante de partir au combat contre la chaîne du groupe Canal.
    En cause cette fois-ci, la décision de celle-ci de diffuser, le 16 août prochain, le film Unplanned.
    Ce long-métrage américain, sorti en 2019, raconte l’histoire vraie d’une directrice de planning familial au Texas qui, convaincue des bienfaits de l’IVG pour les femmes, change d’avis après avoir assisté à un avortement.
    Immédiatement, la gauche crie au scandale. « Le droit à l’avortement est un droit fragile, il nous faut le défendre partout et pour toutes.
    À votre avis, diffuser un film propageant de fausses informations sur l’IVG ne constituerait pas un délit d’entrave puni par la loi ? »
    , s’indigne Albane Gaillot, députée du groupe Écologie, démocratie et solidarité.
    Pour d’autres, cette diffusion est tout simplement « inadmissible ».
    Pour d’autres encore, ce long-métrage « diabolise un droit fragile ».
    Mais ce que les progressistes appellent un film anti-avortement est simplement un film qui décrit la réalité de ces interventions et des centres du planning familial, en se contentant de retranscrire à l’écran une histoire vraie.
    La réalité choquerait-elle les bien-pensants ?
    Par ailleurs, quand le service public s’évertue à diffuser des programmes pro-avortement à longueur de journée, personne ne s’offusque au nom de la liberté d’opinion de ceux qui sont contre l’avortement.
    Mais il semblerait qu’à gauche, la liberté d’expression n’aille toujours que dans un sens…

    En complément voici ce qui est paru dans valeurs Actuelles après la diffusion du film sur C8 (j'ai raté cette diffusion malheureusement) :

    “Unplanned” : le CSA saisi après la diffusion d’un film anti-avortement sur la chaîne C8

    La ministre déléguée à l'Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, a même accusé C8 d’être “coupable du délit d’entrave” à l’IVG. Le CSA va examiner les saisines reçues. 
     

    La polémique enfle autour de ce film américain. Ce long-métrage, basé sur une histoire vraie, met en scène une directrice de planning familial reconvertie en militante anti-avortement. Un sujet tabou qui avait déjà mené à la discorde en interne. En juillet dernier, Le Parisien nous apprenait que les deux voix-off officielles de C8 avaient refusé de participer à la promotion de ce documentaire intitulé « Unplanned ». Cela n’a pas empêché la chaîne de télévision française de diffuser le film lundi 16 août. Le lendemain, mardi 17 août, le Huffington Post a rapporté que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a été saisi après plusieurs signalements. Le CSA a précisé au site d’actualités qu’il « examinera les saisines reçues » : « En cas de manquement aux obligations légales, réglementaires et conventionnelles auxquelles il est soumis, le CSA interviendra auprès de l’éditeur. »

    Deux voix-off de C8 refusent de participer à la promotion d’un film anti-avortement

    C8, « solidaire des mouvements anti-choix » ?

    Des membres du gouvernement d’Emmanuel Macron se sont d’ailleurs offusqués de la diffusion de ce film anti-avortement. Dans un communiqué relayé par franceinfo, la ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, a « fermement » condamné ces faits. « En acceptant de diffuser ce type de programme », C8 se « rend solidaire des mouvements anti-choix et se rend coupable du délit d’entrave (à l’interruption volontaire de grossesse, ndlr) condamné dans notre pays ». La ministre a aussi pointé les « contre-vérités scientifiques » du long-métrage qui induiraient les téléspectateurs « en erreur ». Selon elle, ce film serait même « un outil de propagande anti-avortement abject ».

    La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa a elle aussi fustigé « Unplanned » et n’a pas hésité à rappeler les numéros de téléphone pour s’informer sur l’avortement. « Accéder à l’IVG est un droit en France, nos aînées se sont battues pour l’obtenir, nous nous battons pour le garantir ! Non à l’entrave, non à la culpabilisation », a-t-elle écrit sur son compte Twitter.

     

    il parait que nous ne sommes pas en dictature, mais la censure, elle, existe

    La gauche a de nouveau décidé de ranger ses beaux idéaux au placard pour retourner vers le pragmatisme politique.

    L’entretien d’Éric Zemmour avec le média de droite Livre noir, qui comptait plus de 800 000 vues, a été déréférencé par la plate-forme.

    La même semaine, le compte Twitter de Jean Messiha était définitivement supprimé.

    Antidémocratique ? Intolérant ? Mais contre la droite, on le sait, la censure, c’est autorisé.

     

    On peut encore voir cet entretien ICI

     

    et également :

    Jean Messiha : “Twitter est un oiseau de mauvais augure pour la liberté d’expression”

    Le compte Twitter de Jean Messiha a été définitivement suspendu par le réseau social samedi 31 juillet. Le président de l'Institut Apollon dénonce une entrave à la liberté d’expression et une suspension injustifiée. Entretien.

    Valeurs actuelles. Votre compte Twitter vient d’être définitivement suspendu. Quelle est votre réaction ?
    Jean Messiha. Quand j’ai appris ma suspension définitive, j’ai cru à une erreur qui allait être rapidement corrigée. Mon compte étant certifié, comptant plus de 164 000 abonnés et n’ayant jamais enfreint quelques lois que ce soit, je me disais qu’il allait être restauré rapidement une fois que j’aurais fait appel. Mal m’en a pris. Twitter est un oiseau de mauvais augure pour la liberté d’expression. Cette suspension n’en était pas une. C’était un bannissement pur et simple.

    Connaissez-vous les raisons de cette décision ? Quels en sont les motifs ?
    Dimanche 1er août, je reçois un message confus expliquant qu’en raison de la crise du Covid Twitter s’emploie à lutter contre les fausses informations en matière sanitaire. L’oiseau bleu met en pièce jointe, pour justifier la première considération, un tweet qui n’a strictement rien à voir avec le Covid puisqu’il porte sur la criminalité de certains migrants. Je fais appel en pointant cette incohérence. Mais avec Twitter, il n’y a pas de débat contradictoire. C’est comme ça et pas autrement. Fermez le ban. Une ou plusieurs personnes, totalement anonymes, qui travaillent on ne se sait où et que personne ne peut rencontrer pour un dialogue, décident dans une opacité totale de votre sort.

    Dans son dernier message, Twitter me sort finalement le laïus convenu : « Votre compte a été suspendu et ne sera pas restauré car il s’avère qu’il enfreint les conditions d’utilisation de Twitter et notamment les Règles de conduite relatives à notre politique en matière de conduite haineuse. » Suivi de l’énumération des dites conduites haineuses inacceptables et que je réprouve également et sans réserve : ne pas attaquer, ne pas menacer ou inciter à la violence contre des personnes en raison de leur race, origine ethnique, nationalité, orientation sexuelle, appartenance religieuse, âge, handicap ou maladie.

    Le tweet mis en exergue pour déclencher cette procédure contre moi était le suivant : « #Migrants #violence. Pas un jour, PAS UN, sans que des #migrants d’#Afrique du #Nord ou subsaharienne s’attaquent aux #Français. Si nous faisions la même chose chez eux ils nous casseraient à coup de pierre, de machette ou de fusils. Ça suffit. Dehors ! » Ce tweet incluait bien sûr un article du très sérieux site Actu17 révélant une énième agression commise en France par un migrant de cette région du monde. J’avais pris soin de ne mentionner ni race ou origine ethnique (arabe, noir, maghrébin, africain), ni nationalité (Algérien, Marocain, Malien ou autre), ni religion et aucune attaque de genre d’aucune sorte. J’avais surtout et volontairement utilisé le terme « des migrants » et non « les migrants » car cette formulation eut été injustement généralisante. Qu’est-ce que j’ai écrit que ne corrobore pas des faits quotidiens ? Qu’est-ce que j’ai demandé qui ne corresponde pas à la volonté de la grande majorité des Français et d’ailleurs à la loi si elle était appliquée ?

    Que dit cette suspension définitive des réseaux sociaux, Instagram, Facebook et Twitter en tête ?
    Les réseaux sociaux, que l’on croyait être un outil moderne et novateur au service de la liberté d’expression, ne sont pas que cela. Ils sont aussi une idéologie dont le prisme sert à trier la bonne liberté d’expression de la mauvaise. Combien d’organisations féministes s’en prennent aux « hommes » comme auteurs désignés des actes de violence conjugale avec des amalgames scandaleux mais tolérés car il est sociétalement correct de vilipender la violence masculine qui est incontestable mais circonscrite à des individus ? Mais il est malséant ou « haineux » de stigmatiser la sur-violence incontestable, elle aussi, d’une partie de certaines immigrations.

    Et d’ailleurs, si mes tweets étaient véritablement « haineux », « racistes » ou « incitatifs » à une quelconque violence, comment se fait-il que je ne sois poursuivi par personne sur ces chefs d’accusation ? Mes tweets, très largement relayés, sont en effet commentés, scrutés, analysés à grande échelle. Des dizaines d’associations sont à l’affût d’une occasion de porter plainte contre quelqu’un comme moi. Mais cela n’arrive jamais car il n’y a rien d’attaquable en droit. Alors de quel droit Twitter se permet de rayer d’un trait de plume des années de travail ? Même un employé fautif a plus de possibilité de se défendre qu’un membre de Twitter ciblé par une petite bande de censeurs vindicatifs mus par une idéologie « woke » en pleine explosion !

    Vous possédiez plus de 160 000 abonnés, est-ce une entrave à la liberté d’expression de vous couper ainsi le sifflet ?
    Oui, sans aucun doute possible. Nous entrons bientôt dans la campagne présidentielle. A défaut d’être un acteur de celle-ci, j’en suis un commentateur et un analyste. Le nombre d’interactions sur mes tweets est tout à fait incroyable. Aussi incroyable que la progression du nombre de mes abonnés ces derniers mois, avec une moyenne de près de 5 000 followers supplémentaires tous les mois.

    J’entends l’argument de ceux qui disent que Twitter, comme les autres réseaux sociaux, sont des entreprises privées et à ce titre, elles font ce qu’elles veulent chez elles. Cet argument est irrecevable. Irrecevable pour les entreprises de droit commun qui doivent, malgré le fait qu’elles sont privées, se plier au cadre juridique en vigueur. Mais encore plus irrecevable s’agissant d’entreprises exorbitantes du droit commun comme celles propriétaires des réseaux sociaux. Ceux-ci structurent en effet de plus en plus nos démocraties en ce qu’ils constituent les canaux de communication privilégiés des idées et des convictions politiques. Il a même été dit, à juste titre, que certains présidents l’étaient devenus au moyen de réseaux sociaux qu’ils ont su conquérir à leur profit. Comment des entreprises, qui peuvent désormais faire ou défaire les grands dirigeants démocratiquement élus, peuvent-elles encore dire qu’elles font ce qu’elles veulent, comme elles veulent et quand elles veulent ?

    Car après tout, des chaînes de radio ou de télévision comme BFMTV, TF1, CNews, etc. sont aussi des entreprises privées. Imaginez qu’elles disent : nous n’invitons sur nos plateaux que des gens de gauche, des gens de droite, des macronistes, etc. avec cet argument ? Et justement pour éviter cela, la France a créé le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), en charge de rappeler que ces chaînes ne sont pas que des entreprises privées mais qu’elles sont des organes d’opinion qui ont obligation d’en refléter la pluralité de manière impartiale et équitable. Peut-être qu’avec mon bannissement de Twitter, qui ne concerne pas moi uniquement mais qui interroge la liberté d’expression dans notre pays, convient-il de réfléchir à la création d’un conseil supérieur des réseaux sociaux (CSRS), pendant du CSA, dont le rôle serait de veiller à ce que chacun puisse s’exprimer librement dans le seul unique cadre de la loi et non en fonction de je ne sais quelles règles aussi foireuses qu’opaques.

    L’entretien d’Éric Zemmour avec la chaîne Livre noir, visionné près de 800 000 fois, a été totalement déférencé par Youtube. De telles décisions sont-elles dangereuses pour la démocratie ?
    Toute forme de censure sur la base des seules opinions doit être férocement combattue. Je suis moi-même victime de cette censure sur ma page Facebook qui est restreinte et déréférencée depuis des mois alors qu’elle compte près de 50 000 abonnés. Mais attention, la vigilance des petits censeurs de Facebook, Twitter et autres réseaux ne se porte que sur la résistance à l’invasion migratoire et au changement de peuple en France et en Europe. Les racistes anti-blancs et les islamistes, eux, gardent pignon sur tweet.

    Par exemple, le rappeur Nick Conrad, condamné par la justice pour « provocation au crime » pour sa chanson « Pendez les Blancs », dont la promotion est toujours visible sur son compte Twitter. Un compte qui n’a jamais été fermé, ni même suspendu malgré une récidive d’ailleurs officiellement signalée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, à la suite de la parution de « Doux Pays », chanson où ce rappeur aboyait : « J’ai baisé la France, brûlé la France / Doux pays de mon enfance » et simulait dans son clip l’étranglement d’une femme blanche. Pour Twitter ça passe crème. La haine des blancs c’est sain pour la gent “woke” qui peuple cette organisation nord-américaine.

    Il ne vous reste plus que votre chaîne Youtube, Telegram et vos passages sur CNews, pensez-vous que cela suffise pour délivrer votre message ?
    Vous oubliez mon compte Instagram qui compte près de 45 000 abonnés et que je vais désormais davantage investir. Cela dit, je ne vais pas lâcher Twitter comme ça. Je vais me battre par et avec tous les moyens dont je dispose. Ce combat sera homérique car il ne concerne pas que ma modeste personne mais doit toucher tous ceux qui, dans notre pays, croient encore dans les valeurs qui l’ont construit, à commencer par la liberté d’expression. Je continuerai à m’exprimer, dans les médias comme sur les autres réseaux, tel que je l’ai toujours fait : en disant les choses telles qu’elles sont et donc telles qu’elles doivent être dites, dans le respect de la loi.

    Regrettez-vous le manque de soutien de certaines personnalités qui défendent habituellement la liberté d’expression ?
    Je suis d’abord assez ému des nombreux soutiens qui se sont exprimés à la suite de mon bannissement de Twitter. Dans le camp national, je remercie Éric Zemmour, Marion Maréchal, Robert Ménard et Thierry Mariani pour leur indéfectible soutien. J’ai même reçu des soutiens assez improbables comme celui d’Alexandre Benalla par exemple. Je les en remercie d’autant plus. Ce genre d’affaires a l’avantage de révéler les grands hommes, par-delà les clivages et les désaccords politiques. Je regrette le silence assourdissant des représentants du Rassemblement national, pourtant toujours prompts à défendre la liberté d’expression quand on menace la leur. Recevoir le soutien d’un proche du président de la République et ne rien recevoir d’un parti que j’ai servi ardemment et bénévolement pendant plus de quatre ans est pour le moins assez déroutant. Mais cela ne fait que confirmer ma décision d’avoir quitté ce parti.

     

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  • Un article très complet de Valeurs Actuelles du 26 juillet 2021

     

    [Albert] 400 ans de Jean de la Fontaine : la mort et le mourant, rapprivoiser la mort au cœur de la vie

    En ce mois de juillet, la France célèbre les 400 ans de Jean de La Fontaine, son plus célèbre conteur. Son œuvre, aussi connue que sa vie tumultueuse est ignorée, nous a légué 243 fables qui sont autant de leçons de moralité propres à édifier toutes les générations. À travers quatre fables, le fabuliste de Château-Thierry nous invite à réfléchir sur la morale, la liberté, le pouvoir et la mort. Aujourd’hui, l'historien Jean-Marc Albert s'intéresse aux Grenouilles qui demandent un roi, qui nous invite à redonner à la politique le sens du bien commun pour retrouver pleinement nos libertés.
    Illustration de Jean de la Fontaine. Photo © MARY EVANS/SIPA

    L’homme est le seul être vivant à posséder la connaissance et l’appréhension de l’évidence de la mort. Dans son malheur, il a cherché à donner un sens à ce scandale absolu qu’est sa disparition. Aussi loin que remontent les civilisations humaines, la croyance en l’au-delà lui permettait de surmonter l’angoisse de la finitude de son existence. À travers La Mort et le Mourant, La Fontaine, âgé de 57 ans, livre à son lectorat une réflexion délicate, peu commune au milieu de la légèreté de ses Fables, sur la fin de la vie. Avec maturité, il interroge la crainte de l’inconnu, la douleur de la séparation et le besoin d’être rassuré.

    [Albert] 400 ans de Jean de la Fontaine : la mort et le mourant, rapprivoiser la mort au cœur de la vie

    L’absence explicite de la promesse du salut étonne mais le poète a choisi de suggérer l’au-delà en évoquant l’en-deçà. Fidèle à la pensée épicurienne, il nous exhorte à être prêt à abandonner avec sérénité tout ce qui nous est cher pour traverser le chemin. Mais sommes-nous capables de cette sagesse ? L’évacuation de la mort de notre environnement est le fait majeur de la modernité. Les possibilités techniques nous font croire que l’on peut reculer indéfiniment l’échéance de la mort, la précipiter, par l’euthanasie, ou l’abolir, avec le transhumanisme. L’homme s’est pris à croire que la seule frontière qui semblait indépassable pouvait désormais être enjambée. Notre époque a érigé en droit le fait de vivre en bonne santé le plus longtemps possible. Mais la pandémie nous a rappelé les limites que la nature nous impose. Elle a replacé la mort au cœur de nos préoccupations mais avec une frénésie symptomatique de notre incapacité à lui donner du sens. Toute la force du dialogue entre la Mort et le Mourant est là : nous réconcilier avec notre condition de mortel.

    La Fontaine, ou l’ars moriendi en littérature

    Dans cette fable sans animaux où le vieillard se contente de « murmure(er) », La Fontaine donne vie à la Mort par la parole. A-t-il besoin de la décrire tant sa représentation, squelettique, faucheuse, enveloppée de noir, est connue de tous ? Au XVIIe siècle, la mortalité ordinaire reste élevée – un nouveau-né sur quatre n’atteint sa 1ère année. Dans Le loup et l’agneau, le fabuliste rappelle l’inexorabilité de la mort quelles que soient les tentatives de l’agneau pour s’en divertir. Plus il veut s’éloigner de la menace fatale, plus il se rapproche, comme le vieillard, de son funeste destin. Si la mort a envahi la vie, sa nature, comme celle de la génération demeure un mystère. Nul ne sait « ni le jour, ni l’heure », ni ce qui l’attend mais tous s’y préparent.

    Cette attente n’embarrasse nos contemporains qu’à la perte d’un proche ou d’une mort qui nous parait injuste d’autant plus insupportable qu’on n’en a perdu la portée. Alors qu’au temps de La Fontaine, la mort saisit le vif dans son imprévisibilité, notre époque a vu l’horizon de la mort s’éloigner dans le temps et dans l’espace. En rejetant les cimetières hors des limites urbaines, la mort a quitté l’univers des vivants. Les progrès sanitaires ont concentré la fin de vie sur les plus âgés. Guerres, pestes et famines s’étant dissipées, l’échéance de la mort est devenue presque prédictible et partir avant d’avoir franchi un certain seuil est désormais perçu comme une anomalie inadmissible. L’économie morale de la mort s’est dessaisie de l’accompagnement culturel et spirituel que prodiguait le discours sotériologique. On ne veille plus le corps du défunt que l’on fait disparaître le plus rapidement possible. La promesse eschatologique n’est plus entendue, guère professée voire euphémisée dans la liturgie moderne. Le Ciel s’est vidé. Les pompes funèbres ne compensent pas ce manque face à des familles en détresse spirituellement déshéritées qui acceptent de moins en moins leur vulnérabilité. La mort signifie la fin de l’existence sans promesse d’éternité. Il ne reste alors qu’une vie terrestre rétrécie à la capacité de satisfaire ses désirs, une vie où la mort est secondaire face à la hantise de la déchéance physique et morale. La santé est devenue un impératif qui l’emporte sur tous les autres biens de la vie. On comprend alors les angoisses d’une société déprimée et hypersensible devant la pandémie qui réactualise des interrogations qu’elle croyait disparues.

    [Albert] 400 ans de Jean de la Fontaine : les grenouilles qui demandent un roi ou la politique, condition de notre liberté

    Le monde contemporain a été façonné par la conviction que les humains peuvent vaincre la mort

    Ces âmes tourmentées devraient relire La Fontaine pour se rassurer. En épicurien, le poète invite à se préparer sans crainte à la « bonne mort ». Dans son Essai sur la mort en Occident, Philippe Ariès estimait que cette recherche ataraxique avait facilité l’acceptation de la mort. Cet apprivoisement n’a toutefois pas effacé la douleur, ni la culture des larmes comme moyen de consolation et de mémoire du défunt. L’Église n’a pas eu besoin de terroriser les fidèles pour qu’ils insèrent l’imminence de leur mort dans la perspective du salut. La mort non anticipée est ce qui peut arriver de pire en ce qu’elle prive l’agonisant du rachat de ses fautes. L’ars moriendi fait alors d’un évènement soudain et inattendu un long voyage où la mort, publique et rituellement déployée dans une temporalité, se veut édifiante pour les vivants. La Mort de la fable enjoint le « plus que centenaire » à sortir « de la vie ainsi que d’un banquet » plutôt que de s’acharner à se maintenir en vie. Ce « retrait » du monde est aussi une manière de se retrouver, soi-même, avant d’atteindre l’autre rive.

    La bonne mort et la vie bonne

    Mais le vieillard n’accepte pas sa destinée pour des raisons qui nous semblent familières. Il voudrait ainsi décider de l’heure mais l’euthanasie, par-delà la somme de souffrances qu’elle met en jeu, n’exprime-t-elle pas aussi le désir de maîtriser la mort ? A contrario, l’acharnement à prolonger sa vie n’est-elle pas aussi une manière de choisir sa dernière heure ? Yuval Harari affirme que « le monde contemporain a été façonné par la conviction que les humains peuvent (…) vaincre la mort ». Le progrès scientifique semble être en mesure de réaliser la quête immémoriale de jouvence augurant une société sans mortalité. Mais une vie sans fin signifierait la fin de toute vie. Dans Penser la mort, Jankélévitch estime que ce qui ne meurt pas ne vit pas.

    En attendant, « les hommes n’ayant pu se guérir de la mort, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser » dit Pascal. Les libertins évacuent l’idée de mort de leur quotidien en en faisant, non une sanction divine, mais une simple loi de la nature. L’athéisme a accusé cette mise à distance de la mort. « Décéder », emprunté au langage désincarné de l’administration, a remplacé « mourir ». Dans L’angle mort, Régis Debray montre qu’en déréalisant la mort, la société a perdu le caractère inestimable d’une existence authentiquement vécue.

    La mort nous invite à emprunter le chemin d’une nouvelle vie à célébrer. Le ciel des idées de Platon fait de notre âme déliée du corps un fragment d’éternité, ce corps et cette âme que l’espérance chrétienne relie de nouveau dans la promesse de la Résurrection. La mort vaincue, la béatitude nous rend à jamais heureux d’être à Dieu. Comme Marc Aurèle prévenant que nous serons « bientôt tous oubliés », La Fontaine rappelle au lecteur sa fragilité. La conscience de notre finitude n’est pas une malédiction mais notre condition d’être au monde pour être libre.

    Le célèbre fabuliste n’a jamais eu la prétention de changer l’homme.

    La « bonne mort » est une exhortation à la « vie bonne », à « vivre à propos » dirait Montaigne, à rendre notre existence féconde en méditant, en donnant la vie et en accomplissant la sienne. Plutôt qu’à notre propre conservation, la perspective de la mort nous invite à laisser ce qui demeure digne d’être gravé après notre passage, comme l’amour de nos proches. Dans Vivre avec nos morts, Delphine Horvilleur fait de « l’après-vie » l’occasion de nous sentir inscrits « dans une chaîne de transmission qui a rendu possible le fait que quelque chose perdure ».

    La Fontaine meurt à 73 ans emportant avec lui ses vers mélancoliques, « tu vois mon cœur contrit et mon humble prière ; Fais-moi persévérer dans ce juste remords : Je te laisse le soin de mon heure dernière ; Ne m’abandonne pas quand j’irai chez les morts ». Le célèbre fabuliste n’a jamais eu la prétention de changer l’homme. Il sait que, même avec la meilleure des préparations, il ne sera jamais totalement prêt à accueillir la mort sereinement. Sa leçon ultime nous invite à restituer à la fatalité cette part d’imprévu qui donne sens à notre condition d’humain, à l’aventure de la vie.

    La Mort ne surprend point le sage ;
    Il est toujours prêt à partir,
    S’étant su lui-même avertir
    Du temps où l’on se doit résoudre à ce passage.
    Ce temps, hélas ! embrasse tous les temps :
    Qu’on le partage en jours, en heures, en moments,
    Il n’en est point qu’il ne comprenne
    Dans le fatal tribut ; tous sont de son domaine ;
    Et le premier instant où les enfants des rois
    Ouvrent les yeux à la lumière,
    Est celui qui vient quelquefois
    Fermer pour toujours leur paupière.
    Défendez-vous par la grandeur,
    Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse,
    La mort ravit tout sans pudeur
    Un jour le monde entier accroîtra sa richesse.
    Il n’est rien de moins ignoré,
    Et puisqu’il faut que je le die,
    Rien où l’on soit moins préparé.
    Un mourant qui comptait plus de cent ans de vie,
    Se plaignait à la Mort que précipitamment
    Elle le contraignait de partir tout à l’heure,
    Sans qu’il eût fait son testament,
    Sans l’avertir au moins. Est-il juste qu’on meure
    Au pied levé ? dit-il : attendez quelque peu.
    Ma femme ne veut pas que je parte sans elle ;
    Il me reste à pourvoir un arrière-neveu ;
    Souffrez qu’à mon logis j’ajoute encore une aile.
    Que vous êtes pressante, ô Déesse cruelle !
    – Vieillard, lui dit la mort, je ne t’ai point surpris ;
    Tu te plains sans raison de mon impatience.
    Eh n’as-tu pas cent ans ? trouve-moi dans Paris
    Deux mortels aussi vieux, trouve-m’en dix en France.
    Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis
    Qui te disposât à la chose :
    J’aurais trouvé ton testament tout fait,
    Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait ;
    Ne te donna-t-on pas des avis quand la cause
    Du marcher et du mouvement,
    Quand les esprits, le sentiment,
    Quand tout faillit en toi ? Plus de goût, plus d’ouïe :
    Toute chose pour toi semble être évanouie :
    Pour toi l’astre du jour prend des soins superflus :
    Tu regrettes des biens qui ne te touchent plus
    Je t’ai fait voir tes camarades,
    Ou morts, ou mourants, ou malades.
    Qu’est-ce que tout cela, qu’un avertissement ?
    Allons, vieillard, et sans réplique.
    Il n’importe à la république
    Que tu fasses ton testament.
    La mort avait raison. Je voudrais qu’à cet âge
    On sortît de la vie ainsi que d’un banquet,
    Remerciant son hôte, et qu’on fit son paquet ;
    Car de combien peut-on retarder le voyage ?
    Tu murmures, vieillard ; vois ces jeunes mourir,
    Vois-les marcher, vois-les courir
    A des morts, il est vrai, glorieuses et belles,
    Mais sûres cependant, et quelquefois cruelles.
    J’ai beau te le crier ; mon zèle est indiscret :
    Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret.


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