• En souvenir de mon ami Maurice de Gaillac, que certains d'entre vous ont connu, avec qui j'avais un échangé à la manière d'antan...

    Bon j'ai eu ma 3ème dose, sans rendez-vous, privilège de l'âge oblige !

    Contraint et forcé, si je veux continuer de voyager pour vous abreuver de mes photos et diaporamas divers sur mon autre site 
    http://papydompointcom.eklablog.com/

     


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  • Il se trouve qu’en classant des archives familiales, j’ai retrouvé une missive écrite par un vague aïeul, Jean-Aymard de Séconlat, petit hobereau cévenol qui a passé sa vie à parcourir le vaste monde.

    Je ne puis mettre en doute l’authenticité de cet écrit et je vais vous narrer brièvement ce qu’il raconte.
    > N’ayant pas les connaissances encyclopédiques de mon aïeul, je ne saurais trop vous dire où se situe le pays, appelé « Cellezécie », dont il décrit les travers, les us et les coutumes.
    >
    > Qu’il vous suffise de savoir qu’il est peuplé de « Cellezéceux », lesquels son divisés, comme notre ancien Soudan, Haute Volta ou Sénégal, en diverses ethnies qui se font la guerre entre elles, pour le plus grand bonheur de son souverain qui ne règne que grâce à ces divisions tribales.

    Ledit souverain est un petit jeune homme au regard halluciné, le Marquis Emmanuel de Morveux d’Enarque. Ne vous y trompez pas, cet homme est Marquis comme je suis archevêque.

    Il a épousé une vieille gourgandine dont la famille fit fortune dans la fève de cacao et tenait boutique de chocolat au Touké, un port de mer où l’on pêchait la morue, mais principalement dans les bars montants et les bouges mal famés pour marins en goguette.

    C’est un parvenu vaniteux, un nouveau riche, porté au pouvoir par un banquier apatride, fils de Canaan. Il a succédé à toute une lignée de bons à rien, aigrefins, brigands et autres gibiers de potence.
    >
    > Les plus connus, parce que les pires, furent Charles le dérisoire, dit le « Saigneur » de Colombey-les-deux mosquées, qui brada toutes les possessions coloniales du pays pour le réduire à un hexagone ; le Comte Fiscard  de Chamalières, un coureur de jupons, totalement dépravé et qui jouait (mal) de l’accordéon pour faire populo ; François de Jarnac, Baron de Latché et de l’Observatoire, aussi machiavélique que manipulateur ; Jacques Chiraclure, Seigneur d’Ussel et d’Upoivre, fainéant comme une couleuvre et menteur comme un arracheur de dents ; Nicolas Sarkozizi, un bouffon qui parlait couramment le « Kasstoipovkon », dialecte de son ethnie ; François le Mou, Seigneur de Tulle, un porcelet sudoripare, obsédé par ses bas instincts et son bas-ventre au point de sortir nuitamment de son palais pour aller culbuter quelques ribaudes.

    Le pays, mal gouverné par des dirigeants incompétents et corrompus, se laissa berner par le jeune Emmanuel, toujours accompagné de son épouse (née Trogneugneux) qui était à la fois sa duègne, sa mère, sa maîtresse et sa femme.
    >
    > Il faut vous dire qu’en  « Cellezécie »  des tribus tentent d’imposer la polygamie, et le jeune Marquis présentait l’avantage d’offrir quatre femmes en une seule, ce qui aurait dû coûter moins cher aux finances – donc aux contribuables – du pays.

    Très vite, la vieille épouse du Marquis devint la coqueluche des gazettes et libelles. Court vêtue, elle exhibait ses gambettes et sa blondeur à la une des hebdomadaires pour shampouineuses.
    > En la voyant, on imaginait les amours coupables entre un cocker et un lévrier afghan. On apprit ainsi, par quelque pisse-copie, qu’elle avait déniaisé le Marquis quand il avait 16 ans.
    > Dans n’importe quel pays civilisé, elle eut été condamnée à la chiourme pour « détournement de mineur »  mais la « Cellezécie » avait amorcé sa décadence : tout  le monde trouva cela amusant, voire charmant.

    Depuis, les courants politiques du pays rêvent presque tous d’accorder la majorité à 16 ans, ce qui permettrait aux vieilles haridelles boucanées de chasser le puceau sans le moindre risque.

    Le gamin arriva aux affaires après un coup d’état sans victime, bien aidé, entre autres, par une secte très présente dans les rouages du pouvoir : les « Frères la gratouille ».

    Son électorat venait essentiellement des grandes villes, peuplées très majoritairement par l’ethnie «Ecolobobo », une engeance assez spéciale.

    Riches, ils aiment à se vêtir comme des gueux ; ils appellent cela le « froissé chic ». Ils parlent couramment, entre eux, en « langue de bois » entrecoupée d’anglicismes. Ils disent aimer les pauvres, mais pas au point de vivre comme eux.
    > Ils défendent aussi l’immigré mais seulement s’il vit en banlieue (ou accepte d’être leur boniche ou leur larbin payé « au noir »).

    A ce niveau  de ma narration, parlons des autres ethnies qui peuplent la « Cellezécie ».

    L’une des plus nombreuses est celle des « Allahakbars ». Ils pratiquent, nous dit-on, une religion « de tolérance, d’amour et de paix ».
    > Ils ne mangent pas de porc, ne boivent pas d’alcool, voilent leurs femmes, qu’ils appellent « moukères ».
    > Ils lapident les femmes adultères, coupent la main des voleurs et commettent, de temps à autres, pour se distraire, des attentats contre les mécréants (les « kouffars »). On ne saurait leur reprocher quelques incivilités car  ils ont, nous dit-on, une revanche à prendre contre les premiers habitants de « Cellezécie ». Pourquoi ? Je l’ignore.

    Parmi les ethnies invasives, citons aussi  les « Assatraorés » : noirs et le poil crépu, ils ont la démarche chaloupée des cercopithèques et  des cynocéphales. Les « Assatraorés » sont violents, teigneux, agressifs, méchants, mais uniquement à l’égard des « Souchiens » à la peau blanche. 

    Autre tribu : les « Elgébétés ». Vous serez étonnés d’apprendre que chez eux, les hommes  se sodomisent entre eux ; les femmes sont adeptes du « gazon maudit » et leur chant guerrier est le « gode save the gouine » (ne pratiquant pas leur dialecte, je n’en connais pas la traduction).

    Les hommes veulent devenir des femmes, lesquelles veulent devenir des hommes, sans compter un reliquat qui, tel l’escargot, sont hermaphrodites ou ne savent pas ce qu’ils sont.

    Le miracle, sachant que les hommes et les femmes ne copulent  pas entre eux, c’est qu’ils (ou elles ?) sont de plus en plus nombreux. L’entrée dans la tribu se fait par un rite initiatique appelé « Komingaout ».
    > En « Cellezécie », les  gens du même sexe peuvent se marier, mais on me dit que beaucoup d’« Elgébétés » refusent d’être « genrés », ce qui complique grandement les choses.

    Cette ethnie a, elle aussi, un seul ennemi : le mâle blanc hétérosexuel.

    Une autre tribu grossit  à vue d’œil en périphérie des grandes cités : les « Niktamers ». Ils ne respectent aucune loi, vivent de vols, de rapines, de rackets, et de la vente de certaines substances hallucinogènes fort prisées par les « écolobobos ». Eux aussi détestent les « Souchiens ».

    Il existe d’autres ethnies, certes minoritaires, mais qui voudraient imposer leur mode de vie aux premiers habitants du pays. Cela va des « Boulgourékinoas » – qui voudraient interdire la consommation de la viande et attaquent les boucheries – aux Manouches, Roms et autres parasites, qui ne vivent que d’expédients et d’aides sociales aussi nombreuses que variées.
    > Sans oublier les « frères la gratouille » déjà cités, qui voudraient imposer leur religion : l’athéisme maçonnique.  

    On juge le devenir d’un pays à sa jeunesse. Or en « Cellezécie », elle est assez surprenante.

    C’est une caste à part. Les jeunes ne rient pas aux plaisanteries des anciens : ils les trouvent sexistes et racistes.
    > D’ailleurs, ils ne rient pas, ils niaisent. Ils se prennent  très au sérieux et sont, en effet, sérieux comme des papes.
    > Ils se disent de gauche (ou écolos, ce qui revient au même), mais leur seule ambition est de « gagner de la thune » sans se fatiguer, si possible dans le show-biz ou sur Internet. Le spectacle de cette jeunesse – dégénérée et vulgaire – est assez affligeant :

    Les adolescentes se déplacent en bande en niaisant ou en ricanant devant l’écran de leur Smartphone, maquillées dès l’âge de 13 ans comme des catins ou des voitures volées, le cul moulé dans des pantalons achetés pré-troués, qui valorisent leur cellulite.
    >
    > Les garçons, en survêtement « Nike » (ta mère !), tempes rasées très haut, parfois trois poils de barbe, tatouages de joueur de foot et casquette (ou bonnet) de rappeur, offrent un bien triste spectacle ! Mais ils ont la certitude d’être beaux et intelligents ; c’est la marque de fabrique des crétins, mais c’est assez logique…

    Le système éducatif en « Cellezécie »  est fondé sur la « discrimination positive »  et « l’égalité des chances ». Ceci ne vous dit rien ? En fait le jeu consiste à donner à tout le monde un diplôme appelé « BAC » (ce qui veut dire, je crois, Bien Armé pour le Chômage ?) pour ne pas faire de jaloux.

    Ce diplôme ne débouche sur aucun métier mais c’est sans importance : le Marquis prend l’argent des classes moyennes et de la petite bourgeoisie qu’il distribue « quoi qu’il en coûte » au pauvres, aux migrants et aux très riches qui sont ses amis. 

    Il serait, dit-on, proche des idéaux des Lumières, bien qu’il n’en soit pas une lui-même. La devise du pays est assez proche de la notre : « Diversité. Insécurité. Fiscalité ».

    La diversité provoque l’insécurité d’où découle la fiscalité, indispensable pour faire vivre toutes les ethnies de feignasses qui ne font rien ; CQFD !

    Je n’ai pas parlé de la tribu encore majoritaire en « Cellezecie » : les « Gauloiréfractaires », également appelés « Souchiens ». En fait, c’est une espèce en voie de disparition. On ne lui demande que trois choses : subir, travailler et payer des impôts pour faire vivre les autres ethnies.

    D’ailleurs, sa blancheur de peau et son attachement au passé contrarient le Marquis qui ambitionne de la remplacer par une faune allogène et bigarrée qui se moque comme d’une guigne de l’histoire du pays qui les accueille et les nourrit, sans rien leur demander en échange.

    Ce remplacement de population est, parait-il, en bonne voie.

    A la fin de sa missive, mon aïeul, Jean-Aymard de Séconlat, déclare qu’il n’a pas aimé la « Cellezécie » : on se demande bien pourquoi ?


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    Charles Millon : « Eric Zemmour est arrivé au moment où il fallait »

    par charlesmillon

    Figure de la droite hors les murs, l'ancien ministre de la Défense porte un regard bienveillant sur le polémiste. Il juge que la recomposition politique n'est pas terminée.

    Il a le sentiment d'avoir été un précurseur. Pionnier de l'union des droites aux régionales de 1998, Charles Millon avait été exclu de l'UDF pour avoir emporté la présidence de Rhône-Alpes grâce aux voix du Front national. 23 ans plus tard, Eric Zemmour tente d'opérer l'union des droites par la base, agrégeant des anciens électeurs de François Fillon et de Marine Le Pen

    Soutien de l'ancien Premier ministre en 2017, Charles Millon n'avait pas appelé à voter Emmanuel Macron au second tour de scrutin. L'ancien ministre de la Défense, apôtre d'une droite libérale et conservatrice, porte un regard bienveillant sur la candidature d'Eric Zemmour. Cette figure de la "droite hors les murs", fondateur de L'Avant-Garde en 2015, ne lui apporte pas (encore) son soutien. "Je suis en phase avec le point central du discours d'Eric Zemmour", confie-t-il toutefois. Son regard est plus sévère sur les trois favoris du Congrès LR, incarnation d'une "droite conformiste". Entretien. 

    L'Express : Les adhérents LR choisiront en décembre leur candidat à l'élection présidentielle. Vous avez soutenu la candidature de François Fillon en 2017. Que vous inspire cette compétition ? 

    Charles Millon : Tout cela est terne. Le discours des candidats LR est convenu. Ils incarnent une droite institutionnelle, qui a peur d'elle-même et des mots. Cette droite manque de convictions, elle est conformiste. Ils commencent à peine à parler d'immigration car les Français le réclament, alors que le sujet est posé depuis près de trente ans. Je défendais le concept d'assimilation dès les années 70.  

    Lors du premier débat télévisé, Éric Ciotti est toutefois sorti du lot. C'est le seul qui dit ce qu'il pense au lieu de dire ce qui est "convenable". Les autres ne parlent pas assez de la France. 

    Vous venez de Rhône-Alpes, la candidature de Michel Barnier ne vous emballe pas ? 

    Il est tellement lisse. Il a opéré un revirement récent sur l'immigration et l'Europe. Ce n'est pas crédible. Il a été au coeur des institutions européennes pendant dix ans. Cette politique est aujourd'hui contestée par les électeurs, y compris par les autres candidats de droite. Sans juger de sa sincérité, on ne peut pas être un personnage multiple. 

    Vous incarnez une droite libérale et conservatrice. Le congrès LR est-il orphelin de cette ligne, portée au sein de LR par Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ? 

    Je ne comprends pas leur renoncement. C'était leur heure, surtout celle de Wauquiez. Il a dirigé Les Républicains avant d'être mis sur la touche en raison des idées qu'il professait. Mais ces idées sont devenues centrales à droite ! En conséquence, Éric Ciotti préempte cette ligne politique. Il n'a pas le même statut que les trois favoris, mais son discours parle à la droite. 

    Il y a un décalage entre l'offre politique de LR et les attentes de l'électorat de droite. En outre, on ne comprend plus ce mur installé entre ce que l'on appelle "l'extrême droite" et la droite classique. Ce mur n'existe dans aucun pays au monde, sauf en France. Il a été installé par François Mitterrand puis Jacques Chirac. Il n'a pourtant jamais été institué entre le PS et le Parti communiste, allié à une époque avec l'URSS. Il y a des idées inacceptables que l'on entend parfois au RN, mais établir un mur absolu n'a pas de sens.

    Eric Zemmour tente aujourd'hui de casser ce mur. Près d'un quart des électeurs de François Fillon en 2017 sont tentés par un vote en faveur du polémiste. C'est votre cas ? 

    Eric Zemmour répond à un besoin : celui de l'expression d'un certain nombre de jugements et d'analyses qui correspondent à la réalité. Quand il dit que la France doit rester une communauté nationale avec les mêmes idéaux et convictions, il a raison. Il est contre une société communautarisée, moi aussi. Je suis en phase avec le point central du discours d'Eric Zemmour. 

    Sur le plan économique et social, il a repris un discours de la responsabilité et d'autonomie de la personne. C'est le discours classique des conservateurs sociaux-libéraux. Mais ce discours était étouffé par un discours technocratique en France et en Europe. 

    Quand il affirme que la France est menacée de guerre civile, vous souscrivez à son analyse ? 

    Le mot est un peu fort. Le pays est menacé de tensions intracommunautaires qui sont préoccupantes. On le voit dans un certain nombre de quartiers et de cités. Il faut une assimilation dans la communauté nationale de ceux qui viennent sur notre territoire. A défaut, la France va se morceler. Cela ne correspond pas à notre histoire.

    Vous voterez pour Eric Zemmour en 2022 ?

    On est à six mois de l'élection présidentielle, c'est trop tôt. Je suis avec intérêt ce qui se passe. Le moment venu, je prendrai position. J'ai plus le profil d'un joueur que d'un arbitre. 

    En 2016, vous disiez sur TV Libertés; : "Il faut que le FN accepte de s'ouvrir aux dialogues avec d'autres formations politiques. [Et que] les autres formations politiques acceptent de dialoguer avec le Front national.". Eric Zemmour n'est-il pas en train d"opérer cette union des droites, mais par la base ? 

    Oui. C'est d'ailleurs la raison de son succès. Il est respectueux de tous les courants de la droite. Il expose les idées, mais n'a pas d'a priori. Certains candidats à la présidentielle disent "ça, jamais!" mais pourquoi ? Quand une idée est portée par un parti classique, on l'accepte. Quand elle est portée par le RN ou par Eric Zemmour, on la rejette par principe.  

    Aujourd'hui, les électeurs de Fillon, du FN, de la droite hors les murs réalisent cette union des droites que les appareils ne veulent pas faire. Cela oxygène la vie politique et on va sortir d'un système qui favorise les extrêmes. Quand on rejette les gens par principe, on les extrémise naturellement. Prenez la Grande-Bretagne, pays avec un mode de scrutin à un tour. Il y a la gauche et la droite. Ces deux camps ont absorbé l'extrême gauche et l'extrême droite. Ce pays est un pays d'équilibre depuis des décennies. Nous faisons l'inverse : on cajole les extrêmes en les excluant au lieu de dialoguer avec eux pour prendre ce qu'ils ont de bon et enlever ce qui est mauvais. 

    Certaines idées portées par Eric Zemmour ou le RN vous semblent inacceptables ? 

    D'une façon générale, dans ma vie politique j'ai toujours refusé l'outrance et celle-ci n'a jamais été de mon fait. J'ai toujours rejeté tout ce qui touche à la dignité de la personne. Si tel était le cas un jour, je le ferais savoir

    Après votre exclusion de l'UDF, vous avez fondé le mouvement "La droite", devenu "La Droite libérale-chrétienne." Dans son ouvrage "Le livre noir de la droite", Eric Zemmour le décrivait ainsi : "Le premier parti de l'ère moderne, car bâti non plus contre les patrons, ni contre les ouvriers, mais contre les médias. Leur dictature moralisatrice, leur mépris de classe, leur unanimisme érigé en tyrannie du prêt-à-penser.". Établissez-vous un parallèle entre vos parcours ? 

    Ce n'est pas un parallèle. C'est un prolongement. Eric Zemmour est arrivé au moment où il fallait. Le monde politique français est en train de nourrir l'abstention, car il est tombé dans l'entre-soi. Quand les gens évoquent leurs problèmes, on les taxe immédiatement d'extrémisme. On l'a vu avec les gilets jaunes, qui ont été injuriés. Eric Zemmour affirme la réalité à sa manière, cela explique son succès. C'est la suite logique de ce qui s'est passé en 1998.  

    Eric Zemmour affirme publiquement vouloir coaliser un électorat populaire et bourgeois.
    Cela vous semble possible ?
     

    Je ne suis ni communautariste ni sociologue. Quand je me présente à une élection, je ne regarde pas le statut social des gens. Je présente mes diagnostics et mes solutions. Quand il dit cela, c'est le Zemmour journaliste qui ressort par rapport au Zemmour politique.  

    Il fait le pari que le sujet économique ne sera pas central en 2022... 

    L'économie est passée au second rang. Le problème de la France n'est pas économique, il est de savoir qui on est. C'est quoi être Français ? Quel est le rôle de la France ? A force d'avoir oublié ces questions, on ne s'est intéressé qu'aux problèmes de ces techniques économiques. Il y a une envie de récit national, à droite comme à gauche d'ailleurs.  

    Lors des années 90, vous qualifiez Jean-Marie Le Pen de "fasciste des années vingt égarés dans notre temps". Quand Zemmour dépeint Pétain en sauveur des juifs français ou jette le soupçon sur l'innocence du capitaine Dreyfus, vous n'avez pas envie de transposer cette analyse au polémiste ? 

    La vie politique française n'est pas l'analyse sociologique ou philosophique de l'histoire de France. Je ne suis pas emballé par ces retours sur l'histoire. Des gens sont chargés de cela. Eric Zemmour a une démarche fine sur ces sujets, mais elle n'est pas faite pour le débat public.  

    Vous êtes l'apôtre d'une droite libérale et conservatrice. Elle a été incarnée par François-Xavier Bellamy lors des européennes de 2019. Elle n'a récolté que 8,5% des voix... 

    Elle n'était pas assez transgressive, notamment sur l'immigration. J'aime beaucoup François-Xavier Bellamy, mais c'est un intellectuel. Il faut en politique des gens qui cassent la baraque. Je ne tire pas de conclusions politiques à long terme de cet échec des Européennes. Le courant de la droite conservatrice, libérale et d'inspiration chrétienne occupe la moitié de l'espace.  

    Vous souteniez François Fillon en 2017. Il n'a pas d'héritier politique à droite ? 

    Il incarne le début ce que termine Zemmour. Il a commencé à réunir différentes droites qui étaient chacune dans leur couloir. Il ne s'est pas enfermé dans la droite gaulliste comme l'a fait Juppé ou bonapartiste comme l'a fait Sarkozy. Zemmour profite de ce que Fillon a commencé. 

    La droite est aujourd'hui menacée de défaite à la présidentielle. Si elle se confirme, ne pourrait-on pas assiste au retour d'un nouvel "UDF macroniste" et d'un nouveau RPR qui engloberait une partie de LR et du RN ? Les deux partis seraient cette fois adversaires... 

    Je ne crois pas. Je pense qu'on va aller vers une évolution à la britannique. Un grand parti conservateur pourrait intégrer toutes les sensibilités de droite et un grand parti de gauche. Si on ne va pas là, le débat politique continuera de se dégrader. Dans cette équation, je place Emmanuel Macron à gauche. C'est un homme de gauche. La droite, c'est l'enracinement, le respect de la dignité de la personne, l'équité... Macron n'est pas de droite. 

    Paul Chaulet

    L'Express du 13/11/2021


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